MIGRANTS ET REFUGIES
PAROLES ET APPELS DU PAPE FRANCOIS
Le Pape François a placé la question
des migrants au cœur de son Pontificat au risque de ne pas toujours être
compris, même parfois par les catholiques eux-mêmes.
Un accueil large mais non inconditionnel…
A l’instar de ses
prédécesseurs, le pape François défend un accueil large des migrants mais non
sans conditions reconnaissant « qu’un
gouvernement doit gérer ce problème avec la vertu propre au gouvernant,
c’est-à-dire la prudence ». Face à « la pire catastrophe humanitaire depuis la seconde guerre mondiale »
il demande donc non seulement
d’ « accueillir » les
réfugiés mais aussi de les « protéger »,
de les « intégrer » et de « promouvoir le développement » dans
leur pays d’origine.
En
cela, le Pape François se place dans la Tradition de l’Eglise définissant le
réfugié comme « l’étranger en quête
de sécurité et de ressources vitales qu’il ne peut trouver dans son pays »
(Catéchisme de l’Eglise Catholique n° 2241).
D’autre part, s’il parle beaucoup des
droits des réfugiés, le pape n’oublie pas non plus leurs devoirs. Celui qui
arrive est tenu de s’adapter au pays d’accueil « en respectant avant tout ses lois ». Il rappelle, dans la
lignée de Jean Paul II, ce que doit être une intégration : ni une
assimilation qui conduirait à « supprimer
ou à oublier sa propre identité culturelle » ni « un isolement réciproque, avec le risque de
ghettoïsations » que cela comporte. Pour François, l’intégration
consiste avant tout en un enrichissement mutuel de deux cultures.
Le pape François place
l’aide aux réfugiés sur le plan des droits humains et ces droits concernent
tous les réfugiés, qu’ils soient chrétiens ou non, car l’Eglise catholique a
une vocation universelle. Pour lui, « il
ne faut jamais oublier que les migrants, avant d’être des numéros, sont des
personnes, des visages, des noms, des histoires ».
Au nom des droits humains fondamentaux…
Tout en soulignant qu’émigrer est un
« droit de la personne
humaine », Paul VI reconnaissait déjà aux Etats celui de réguler
l’immigration, mais comme exception motivée par « des motifs graves et objectivement fondés relevant du bien
commun » (Motu proprio Pastoralis migratorium cura). Pour St Jean Paul
II et Benoit XVI, le bien commun d’un Etat ne peut s’opposer à celui d’une
humanité toute entière (Message pour le 1er janvier 2000 et Caritas in Veritate n°7).
Dans cette « lignée »,
François ne peut accepter qu’un pays invoque son « bien commun » pour
se fermer totalement à l’accueil des réfugiés y compris pour des raisons de
sécurité qui ne peuvent prévaloir sur les droits fondamentaux des migrants,
comme il vient de le rappeler dans son message pour la Journée mondiale des
migrants 2018.
Angélisme, comme il lui est
parfois reproché… ? Non, François n’ignore pas le risque du terrorisme, qui doit
être dénoncé et combattu, mais il s’insurge en revanche contre ceux qui « fomentent la peur des migrants » et
méprisent au nom de « la sécurité
nationale ou du poids financier de l’accueil des nouveaux arrivants… la dignité
humaine qui doit être reconnue par tous ».
De
la même façon, le pape François ne minimise pas le choc culturel que la
présence croissante de réfugiés, notamment musulmans, peut créer en Europe.
Mais les chiffres des flux migratoires réels sont là pour montrer « que l’Europe n’accueille pas toute la misère
du monde » (Selon Eurostat, la France en 2016 a accordé l’asile à 527
réfugiés pour 1 million d’habitant contre 1 393 en moyenne en Europe –
données Eurostat 2016).
Enfin, le pape, s’il considère comme
partie intégrante de la dignité humaine le « droit de pouvoir
émigrer », il défend avec la même ardeur le « droit de ne pas devoir
émigrer ». Il insiste sur la
nécessité, pour lutter contre la pauvreté dans les pays de départ, d’un effort
accru dans le domaine de la coopération et du développement. Il souligne aussi
la nécessité d’agir au niveau international sur les causes de
l’immigration : situation économique ou démographique des Etats de départ
mais aussi les conflits qui y règnent et les dérèglements climatiques qui
commencent à jouer leur rôle (cf. à ce sujet son encyclique Laudato Si).
Le
Pape François invitait, le 6 septembre 2015, « chaque paroisse, chaque communauté religieuse, chaque monastère » d’Europe à accueillir une famille de
réfugiés. Son appel a été entendu. Plus de 3 000 migrants et réfugiés ont
été hébergés par des communautés catholiques en France depuis son appel de
2015. C’est le cas pour la paroisse BJMM qui, à Fondettes, a accueilli une
famille syrienne réfugiée laquelle, depuis, a obtenu le droit d’asile en France
et s’intègre dans sa nouvelle communauté.
Mot de
remerciement de la famille BREKEY à la paroisse BJMM
Lors de la messe dominicale du 14 janvier
dernier, à l’occasion de la journée nationale du réfugié et des migrants, la
famille BREKEY, réfugiée de Syrie ayant
obtenu l’asile en France, a tenu à remercier la communauté paroissiale pour son
accueil et son soutien.
Au nom de la famille, Nour, la maman a lu
ces mots : « Je profite de
cette occasion pour remercier particulièrement chacun de vous pour votre accueil
chaleureux et pour l’attention réservée à notre endroit, en nous acceptant dans
votre paroisse. Merci pour vos multiples apports, pour votre aide morale et
matérielle. Nous nous sentons vraiment en famille. Nous vous portons dans notre
cœur. Que Dieu vous bénisse ».
|